Peut-être recevrez-vous un œuf en chocolat à Pâques. Tant mieux pour vous. Dans l’Antiquité, déjà on peignait des œufs à la main comme symboles de vie, de fertilité et de renouveau. La foi chrétienne s’est approprié la chose, y voyant une préfiguration de la résurrection, une vie nouvelle d’abord voilée mais appelée à se révéler quand la coquille rigide de la mort se fracture.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le joaillier russe Karl Fabergé a rendu les œufs célèbres en créant pour les tsars (Alexandre III et Nicolas II) d’extraordinaires bijoux en forme ovoïde incrustés de pierres semi-précieuses de l’Oural et d’or de quatre couleurs. Ornés de toutes sortes de motifs, ils renfermaient des surprises…sans prix! En décembre dernier, l’Oeuf d’Hiver de Fabergé (un des 43 œufs impériaux encore recensés) a été vendu par la Maison Christie’s de Londres pour la somme d’environ 40 millions de dollars.

En ce jour de Pâques, nous célébrons la mort et la résurrection de Jésus qui valent bien plus encore qu’un œuf de Fabergé. Le mystère pascal nous révèle que la mort sous des dehors gris et troublants contient une surprise sans prix : la vie éternelle. Parce qu’aimés de Dieu, il nous veut sans mort, vainqueurs de la mort. Aucun orfèvre ne peut nous gratifier d’une telle richesse. Dieu est le seul joaillier qui peut faire de notre mort un œuf fécond, porteur de vie et de renouveau.

Souvent des grands-parents me montrent sur leur téléphone des photos de leurs petits-enfants qu’ils surnomment affectueusement leurs « petits cocos ». Je me laisse prendre moi-même au jeu parfois avec des enfants rencontrés sur mon passage. Cela me rappelle que je suis moi aussi le « coco » du Seigneur, son bien-aimé, son enfant adoré. Et vous aussi!

Alors je vous souhaite « Joyeuses Pâques, mes cocos ». Nous avons toutes les raisons du monde de nous réjouir de porter ce nom.

Alain, curé