Ami-e-s de St-Joachim,

Enfant, j’attendais avec impatience ces jours de la troisième semaine de juin. Les 20, 21, 22 et 23 juin, la fin de l’école et le début de l’été convergeaient comme les deux affluents de la même rivière du bonheur. Libéré des examens de fin d’année, des dictées, des bulletins, des longues heures en classe, j’avais hâte de pouvoir me demander en me levant le matin, ce que j’allais faire de ma journée.

Au seuil de mes vacances, cette année, je demande au Seigneur de partir avec moi. Chaque année, je le prie de me faire des surprises durant ces quelques semaines. Des rencontres, des prises de conscience, des saveurs nouvelles, des musiques apaisantes et réjouissantes, des paysages, des exercices, des découvertes, la digestion de ce que j’ai vécu durant l’année, la confiance et le goût de l’aventure pour l’année qui vient.

Durant un mois, je jeûnerai de mots. J’entends me taire. J’ai tant parlé et écrit pendant la dernière année. J’ai exprimé tant de choses. J’aspire à me remplir des mots et des idées des autres. Ceux que je rencontrerai, ceux que je lirai ou que je verrai à la télé ou ailleurs.

J’irai demander le sacrement du pardon à un confrère pour rafraîchir mon âme comme je souhaite rafraîchir mon corps et mon esprit. Je lirai peut-être un poème inutile mais beau, pour le simple plaisir de voisiner la beauté pure. J’irai taquiner la truite et si elle n’a pas le sens de l’humour et me boude, tant pis.
J’espère descendre au plus profond de mon coeur pour sentir la brise légère de Dieu. Je vous en souhaite autant.

Bon été.

On se retrouve au début d’août.

Alain, curé